Aujourd’hui, Isabelle nous partage son expérience d’expat’ en Irlande. Elle a commencé par un service civique à Dublin puis est revenue en Irlande pour un poste d’ingénieur à Cork.

Irlande vs France : les différences

Les différences ne sont pas flagrantes, ce n’est pas dépaysant comme si tu allais en Inde ou en Afrique. Il y en a tout de même, par exemple :

  • En Irlande, les gens sont particulièrement polis, ils mettent en moyenne beaucoup plus les formes qu’en France.
  • Sur le plan pratique, les Irlandais ont une vision beaucoup plus utilitaire de la nourriture que les Français. Tu prends ton sandwich, tu manges en vingt minutes et voilà !
  • Côté société de consommation, les Irlandais sont en moyenne moins sensibilisés aux causes environnementales et font moins attention à l’impact global de leur consommation.

Pourquoi t’installer en Irlande ?

D’abord, j’ai toujours été curieuse de voir comment c’était à l’étranger. J’ai peu voyagé avec mes parents.

Pour le choix de l’Irlande, le fait que ce soit le seul pays anglophone de l’Union Européenne a beaucoup joué. C’est beaucoup plus simple de s’intégrer dans un pays dont on parle la langue, même s’il s’est avéré que j’ai plus noué de liens avec d’autres internationaux qu’avec des natifs. J’étais aussi curieuse de la culture irlandaise et j’avais entendu dire que le pays était plus chaleureux que le Royaume Uni. Enfin, un facteur qui a peut-être influencé ma décision, c’est que l’Irlande est le seul pays que j’ai visité avec mes parents.

Tu vas revenir en France ?

Hors situation catastrophique en France, je compte finir ma vie en France, à proximité de mes proches. Je ne m’exprimerais jamais de la même façon dans une autre langue qu’en français, avec les mêmes nuances, même si mon niveau d’anglais est très bon. Il y a certaines choses de la mentalité française qui sont communes, que tu peux partager avec les autres gens. A contrario, j’ai l’impression que même après avoir vécu toute ta vie d’adulte dans un autre pays, tu ne seras jamais considéré comme faisant partie de ce pays à 100%. C’est une vision très personnelle, mais je me sentirai toujours Française.

La France a beaucoup de bons côtés. Je suis attachée à sa culture, il y a des paysages très différents à une distance raisonnable, beaucoup de lieux et monuments historiques, … Et puis, si tu évites le Nord et la Bretagne, il y a plus de jours de soleil en France qu’en Irlande. En Irlande, le temps est très instable, plutôt mitigé. A prendre avec des pincettes, mais j’ai l’impression que même si je passe peu de temps dehors, le fait qu’il pleuve et qu’il fasse gris, la pression atmosphérique, ça joue sur mon moral. Heureusement, il y a pas mal de choses pour compenser le mauvais temps : les gens sont beaucoup plus positifs, ils râlent beaucoup moins, il y a une atmosphère chaleureuse et une grande culture de pub, des gigs

Y a quoi de sympa à voir en Irlande ?

Les paysages sauvages et la musique ! On peut assister à des séances de musique live dans les pubs, qui durent en général entre 30 minutes et une heure. Ils appellent ça des “gigs” ou des “sessions”.

L’architecture irlandaise n’est pas riche par rapport à la France, parce que c’est un pays qui a longtemps été pauvre. Le plus intéressant en Irlande, c’est la nature, pas les villes. Il y a des très beaux paysages, mais il faut une voiture pour y accéder. D’ailleurs, tout le monde est inquiet à l’idée de conduire à gauche, mais je n’ai pas trouvé ça si compliqué.

C’est impossible de louer une voiture quand on a moins de 25 ans ou le permis depuis moins de deux ans. En plus, il y a une grosse crise du logement et l’hôtel coûte très cher. Si on ajoute le fait que j’ai 25 jours de congés, que j’utilise en partie pour rentrer en France, j’ai eu peu l’occasion de visiter. Récemment, je suis allée voir Killarney. C’était très joli, il y avait des paysages impressionnants, même si je n’ai pas pu tout voir.

Le Corps Européen de Solidarité (CSE)

J’ai décidé de faire un volontariat en août 2021. J’ai postulé au Corps Européen de Solidarité, qui finance des bénévolats de deux mois à un an dans n’importe quel pays de l’Union Européenne. Plus dépaysant, mais aussi plus avantageux que le service civique français.

En France, quel que soit l’endroit, on touche 580 euros en service civique : impossible de vivre avec ça ! Avec le CSE, on reçoit une allocation qui dépend du pays, mais surtout, le logement est fourni - souvent en colocation. Cela suffit pour manger et laisse un peu d’argent de poche. L’aller-retour vers le pays concerné est aussi financé. Pour prendre mon exemple, à Dublin où la vie est très chère, je recevais 500 euros par mois.

Tout citoyen de l’Union Européenne ayant entre 18 et 30 ans peut postuler au Corps de Solidarité Européen. Il y a un petit processus de sélection pour vérifier si le courant passe bien et que le boulot et les conditions te conviennent. Pas besoin d’avoir de compétences spécifiques. Par exemple, j’ai travaillé pour une association qui s’occupe de sans-abris et les autres volontaires venaient de domaines variés : cinéma, journalisme, ingénierie, psychologie, sciences humaines, …

Informations pratiques

Comme je travaille en Union Européenne, tout ce que je cotise pour la retraite en Irlande peut être reporté sur la retraite en France si j’en fais la démarche. Ta résidence fiscale impacte les placement financiers que tu peux faire. Il faut y penser avant de s’expatrier.

Il y a moins de services publics gratuits en Irlande. Pour la santé, c’est gratuit uniquement si tu as très peu d’argent (mais il faut attendre longtemps) ou en cas d’urgence. Sinon, les consultations médicales sont très chères. Le médecin généraliste coûte autour de 60/65 euros et ma mutuelle (payée à 75% par l’entreprise) ne rembourse que 30 euros. Les mutuelles privées sont très chères, de l’ordre de 100 à 200 euros par mois.

Fun Fact : l’accent français est un accent très fort en anglais, aussi fort que l’accent indien, italien, espagnol (à niveau d’anglais égal)